Au Moyen Âge, sur la commune de Lansargues, juste de l'autre côté du Bérange, se trouvait l'abbaye Saint André de Moulines entourée de ses terres. La villette (communauté rurale) Saint André de Moulines était l'une des treize villettes de la Baronnie de Lunel. Lansargues en était le chef-lieu.

Si l'abbaye n'existe plus depuis longtemps (elle fut détruite pendant la guerre de Cent Ans au XVème siècle). La métairie transformée au fil des siècles, est devenue le Mas de Moulines que l'on retrouve sur le compoix (ancien cadastre) de 1811.

 

L'origine du nom est vraisemblablement due aux moulins qui existaient sur le Bérange, comme le moulin de Raines mentionné sur ce même document.

Le mas a subi de nombreuses transformations au fil du temps, à commencer par la forme originelle des bâtiments. Toutefois, on peut dater la maison principale car elle porte encore sur une poutre du grenier une date : 1713 !

Si le Domaine est resté longtemps propriété du clergé, il a par la suite changé de nombreuses fois de propriétaires.

 

En 1913, Léonce ETIENNE achète le Domaine qui fait alors 28 hectares, pour l'offrir en guise de dot de mariage à sa fille Léoncie. Elle épouse Charles SAUMADE, issu d'une famille de viticulteur de Lunel-Viel, le grand-père de Charles, Jean-Gabriel SAUMADE, en est d'ailleurs le maire.

 

Pendant que Charles est à la guerre, son beau-père Léonce dirige l'exploitation. Il y fait de nombreux aménagements, comme un système d'irrigation pour alimenter la propriété et équipe la cave d'installations modernes : pressoirs hydrauliques, cuves en béton, etc.

 

Charles va replanter et agrandir peu à peu l'exploitation. Léoncie et lui auront trois enfants: Robert (1914-2001); Geneviève (1921-2013) et Gérard (1929). Ce dernier va diversifier les plantations suite à la gelée de 1956 (-24°C le 2 février) : pommiers, pêchers, abricotiers, tout en gardant quelques vignes qui n'ont pas été gelées (hybrides).

 

Puis, dans les années 1970, au fur et à mesure de l'arrachage des fruitiers, il va choisir de replanter des cépages améliorateurs comme le grenache, le merlot, le cinsault, l'ugni-blanc et l'aubun. Grâce à ce choix novateur d'encépagement, la production sera désormais plus qualitative que quantitative.  

 

A son tour, Gérard aura trois enfants : Nicole, dont le fils Vincent travaille aujourd'hui sur la propriété (partie commerciale), Claude et son mari Bernard qui entretiennent la maison et le parc avec passion et Michel qui est aujourd'hui à la tête d'un domaine de 50 hectares de vignes.  C'est lui qui va abandonner la vente au négoce au profit de la vente directe. Il va agrandir et réaménager complètement la cave pour maîtriser totalement l'élaboration du vin, des vendanges à l'embouteillage. Toujours dans un même souci d'exigence, il va planter des cépages toujours très appréciés comme le chardonnay, le cabernet-sauvignon, le cabernet-franc, le merlot et la syrah.

 

Aujourd'hui, Michel a lui aussi trois enfants : Charles, Pauline et Adrien. Si les deux derniers n'ont pas encore fait de choix d'orientation professionnelle, l'aîné a démarré  des études de viticulture-oenologie...